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Voyages et photos
Bron, 6 heures du matin, le 30/05/09 Encore un peu endormis mais motivés, nous sommes une trentaine (encadrants compris) à prendre la route en direction de la Bérarde pour trois jours d’école « neige et glace ». Après le traditionnel arrêt à Bourg d’Oisans (dégustation de sacristains oblige), nous parvenons au parking de la Bérarde où dans l’impatience du départ, nous nous répartissons le matériel, composons les groupes et nous préparons à monter au refuge de la Pilatte. Jef, guide de haute montagne au sourire séduisant et enthousiaste, nous accompagne et rythme la marche après nous avoir donné quelques consignes. Qu’il est loin ce refuge lorsqu’on doit y parvenir par la rive gauche du Vénéon que nous empruntons peu avant le refuge du Carrelet pour des raisons probablement liées à l’état du chemin. Notre progression est fortement ralentie par les nombreux névés que nous devons traverser sur des pentes déjà bien raides. Les trois heures trente annoncées sont largement dépassées lorsque nous arrivons au refuge. La pluie nous impose alors des exercices en salle. Néophyte ou spécialiste, chacun manipule son bout de corde pour y reproduire les nœuds de base. Les méthodes sont nombreuses, au bout de quelques expérimentations, les débutants sont un peu perdus mais nous parvenons globalement à nous en sortir.
La journée du lendemain est consacrée aux exercices de terrain que nous pratiquons sur le glacier de la Pilatte recouvert d’une épaisse couche de neige. Pour y parvenir, nous apprécions la pose de mains courantes qui nous aident à progresser sur les rochers qui séparent le refuge du glacier. Techniques d’encordement, méthodes pour stopper une chute sur pente raide, utilisation de corps morts pour créer des ancrages et fixer la corde et autres manips nous occupent jusqu’à la fin de l’après midi. Repas du soir et deuxième nuit dans un refuge toujours aussi humide (moins toutefois que l’extérieur où certains doivent se rendre en pleine nuit pour cause de problème d’arrivée d’eau entrainant la fermeture des sanitaires…) nous mènent à la troisième journée que nous débutons à quatre heures du matin pour tenter l’ascension du Gioberney.
Le départ ne sera possible qu’à sept heures en raison de la météo mais la course se déroule ensuite dans de bonnes conditions sur le glacier du Gioberney recouvert de neige jusqu’au col. Une éclaircie nous permet d’admirer la vallée du Valgaudemar et les sommets qui la dominent. Bien que nous ayons rattrapé le retard dû au brouillard, il est cependant impossible de parvenir au sommet dans le temps qui nous est imparti compte tenu de l’enneigement important du terrain. L’option « descente » est alors adoptée et nous dévalons les pentes enneigées sur lesquelles il ne nous aura pas été possible de « cramponner » jusqu’au refuge que nous quittons après avoir consommé nos dernières « vivres de course ». Grâce à la pose d’une poutre sur le Vénéon, il est redevenu possible de descendre sur la rive droite du torrent ce qui nous permet d’arriver assez rapidement au refuge du Carrelet. Dernier moment de convivialité avant le retour autour d’un café. Il fait beau, le sol est parsemé de pensées sauvages, de gentianes et autres fleurs de montagne, le gérant du refuge est un « fan » de Brassens qui chante pour l’Auvergnat….Il faut cependant redescendre dans la vallée, ce que nous faisons après avoir rangé le matériel et rejoint nos véhicules. Un grand merci à tous ceux qui ont animé ces journées nous permettant d’entrevoir ce que la montagne offre de merveilleux si l’on sait en respecter les exigences. Le décès de Karine Ruby la veille de notre départ, outre la tristesse et l’émotion qu’il a provoquées, nous a rappelé que la technique et la sécurité doivent être une préoccupation de tous les instants y compris dans les situations les plus banales lorsque l’itinéraire parait tranquille et plutôt pépère. Mais, comme le dit Bernard CONOD dans la revue de 12/08, ne laissons pas le « délire sécuritaire » restreindre notre liberté pour vivre pleinement ce que la Montagne, en tout cas en ce qui me concerne, comporte de perspectives nouvelles et enthousiasmantes. Théodore Roosevelt cité par Bernard le dit mieux que nous tous : « Si vous êtes prêt à sacrifier un peu de liberté pour plus de sécurité, vous ne méritez ni l’un ni l’autre ». Françoise Michaud
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